SITUATION
Le parc de Saurupt n’est pas un Parc à proprement parler. Il s’agit plutôt d’un petit ilot résidentiel se situant dans un quartier délimité par le Boulevard Georges Clémenceau, le Quai de la Bataille et les rues de Nabécor et du Maréchal Oudinot de la ville de Nancy. Le Parc que nous allons étudier se situe majoritairement dans la partie Sud-Ouest de ce quartier.

HISTORIQUE
Avant la création du Parc, Saurupt est un lieu-dit assez éloigné de Nancy où coulait le ruisseay de Nabécor (Etymologiquement, Saurupt signifie “ruisseau des saules”). Dès le XIVe siècle (erreur sur Wikipédia puisque l’article situe les faits deux siècles plus tard) les Ducs de Lorraine prennent l’habitude d’y passer leurs vacances. Malheureusement, le chateau ducale est détruit pendant la révolution. Saurupt devient bien national et 1/3 du lot tombe dans les mains de la famille Elie Leboeuf. En 1894, le lot du futur parc et son château sont vendus pour 370 000 francs à Alfred Hinzelin qui meurt deux ans plus tard en 1896. Il légue sa fortune aux hospices de la ville de Nancy. La veuve d’Hinzelin revend une partie de son domaine pour entretenir le chateau dans lequel elle vit avec son nouveau mari : Jules Villard.
    Jules Villard est le créateur du Parc de Saurupt. Son projet, qui répond à une crise du logement ainsi qu’à une démographie en hausse consiste en la construction de résidences bourgeoises “entre ville et campagne”. En 1901, il partage les 16ha du terrain en 88 parcelles. Pour que son projet fonctionne le mieux possible, Villard se voit obligé  d’ouvrir son quartier et de développer son réseau routier en prolongeant la rue Saint Léon jusqu’au Boulevard Georges Clémenceau. Malheureusement les travaux ne seront finis qu’en 1911.
    Ce projet, il ne le réalise pas tout seul. Avec Emile André, il ouvre alors son cabinet qui sera très en vogue dans toute la région. Tous deux sont accompagnés d’une commission composée d’architectes plus expérimentés censés les surveiller. Parmi eux : Charles Bourgen, Henri Gutton et Lucien Weissenburger. Pour la gestion, ils sont accompagnés du notaire Philipe Houot, du marchand de biens Eugène Nathan par l’entreprise Fournier Defaut. Mme Villard, la veuve d’Hinzelin, joue elle aussi un rôle très important : c’est elle qui va fixer les règles d’occupation du terrain et qui va préfigurer le parti architectural.
Ces règles stipules que les constructions :
-    doivent être faites en pierres, briques et autres matériaux durs.
-    doivent avoir le caractère d’Hôtels particulier, de cottages ou de villas.
-    doivent être réservées à des bourgeois et à des familles uniquement.
-    doivent respecter les arbres et les plantations.
-    ne doivent pas faire plus de 14 mètres de hauteur (sauf tourelles).
En 1901 nait donc la cité jardin de Saurupt, inspirée par plusieurs projets anglais du même type.
    Cependant, le projet se révèle être un échec cuisant. En 1906, seulement 8 parcelles sur les 88 existantes sont vendues et seulement 6 sont construites. Les raisons de cet échec sont multiples :
-    Le projet vise une population trop ciblée.
-    Les prix, même s’ils ne sont pas très élevés (entre 20 et 25 francs le mètre carré) obligent un fort investissement puisque les parcelles sont très grandes.
-    Les travaux routiers qui relient le parc à la gare se font trop lentement. Le Parc de Saurupt ne comprend aucun commerce et les habitants sont donc obliger de prendre le tramway pour se déplacer.
-    L’Art Nouveau est un style d’avant-garde qui vise une certaine élite intellectuelle.
-    Même si la presse accueille favorablement le projet, très peu de publicité se fait autour du parc de Saurupt.
En 1905, Villard met donc un nouveau plan sur pied pour sauver son projet. Le Parc est relié au domaine public, de nouvelles rues sont créées, la publicité est renforcée (plaquette publicitaire d’Emile Badel par exemple) et surtout, les parcelles sont redivisées. De 88 parcelles en 1901, nous passons à 181 (soit des parcelles faisant entre 230 et 600 mètre carré). Le projet est donc moins élitiste, plus démocratique, et rencontre le succès. Il sera achevé dans les années 30 et deviendra dès lors le point d’ancrage du style de l’école de Nancy.